Collection en mouvement, Ramon, Amicalement vôtre, Saint Victurnien

Salle de la mairie de Saint Victurnien

Mairie de Saint-Victurnien
13, rue Alluaud, 87420 Saint-Victurnien

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Exposition du 7 au 29 juin 2019
Prolongation jusqu'au 7 septembre 2019


RAMON
Ramon, Cafetière, champignons vénéneux, Lincoln
, 1993
Collage / Collection Artothèque du Limousin / © Ramon

Lorsqu’on tape le nom de Ramon sur un moteur de recherche bien connu, on trouve très vite une notice rédigée en allemand (1). L’artiste y est présenté de manière sommaire : Ramon Aguilella Cueco, en tant qu’artiste uniquement Ramon (né le 6 mars 1931 à Uzerche, en France…) est un peintre, graphiste et photographe français contemporain et représentant d’une direction distincte du pop art au contenu politique et critique ».
Un peu plus loin, il est précisé : « Ramon est un peintre autodidacte. Son père, qui venait d’Espagne, avait déjà peint, et son frère était le peintre bien connu Henri (Aguilella) Cueco». Cette dimension biographique, fils et frère de peintre, lui-même étant autodidacte et ayant dû renoncer à son nom au profit d’un pseudonyme, est une donnée très importante pour comprendre le cheminement de Ramon depuis le début des années 1960. Impossible, en effet, de ne pas faire le lien entre les différents métiers qu’il exerça (photographe industriel, peintre en bâtiment, céramiste, employé d’une imprimerie, professeur de dessin, animateur culturel, professeur en Ecole d’art) et la variété des techniques utilisées dans ses productions plastiques. Résumant l’esprit de ses recherches, dans un texte rédigé en 1975, Jacques Busse précise:
« Ses œuvres s’opposent à la guerre et à toutes les formes d’oppression et à leur perpétuelle complice : la passivité béate. Son moyen intellectuel favori est le second degré : il faut toujours trouver le code d’une image de Ramon ; sa dénonciation n’est pas agressive, elle procède par dérision. Son moyen technique est essentiellement le collage, hérité des années 1910 et de Dada, des chocs produits par juxtaposition de documents qui n’étaient pas faits pour se rencontrer… Par l’esprit comme par la technique, toutes les activités de Ramon sont centrées sur les moyens de l’information, parce qu’il est convaincu que la culture est révolutionnaire. » (2)
Le premier ensemble d’œuvres présenté date de la fin des années 1960. Il s’agit de quatre planches sérigraphiques tirées à 30 exemplaires où Ramon juxtapose des images de sources différentes (photos de presse, radiographies, images personnelles…) jusqu’à parfois les superposer, et qu’il annote d’une écriture manuscrite.

« Hommage photomécanique à Cézanne Paul (19 siècle) » est basé sur l’image d’un ami, Claude Duneton et sa famille, à l’origine en noir et blanc, sérigraphiée en quatre couleurs : rouge, bleu, orange et vert. La lecture d’un texte d’André Lhote sur Cézanne et la théorie des passages, uniquement axé sur des problèmes formels, ne le satisfait pas, car il négligeait tout l’arrière-fond social ou politique du moment : la guerre, la torture, etc. (3)
D’où la présence de deux reproductions de photographies en noir et blanc annotées dans la partie basse de la planche (« la guerre, quelle guerre? la torture. quelle torture ? »).

La seconde, annotée « Amicalement vôtre » au centre de la planche, juxtapose des images au piqué différent : une superposition de deux portraits en médaillon à la trame accentuée sur une image travaillée en quatre couleurs (jaune, rose, bleu et vert), un dessin en noir et blanc d’une jupe en jean, un dessin de ce qui semble être un morceau de papier découpé en croix et qui donne l’impression que la feuille s’entrouvre, enfin, en haut à gauche, le numéro 100 sérigraphié en rouge qui donne à l’ensemble un air de fragment de billet de banque.

La troisième planche est élaborée à partir de trois images très contrastées en bleu, violet et orange. Celle du haut est une radiographie du bassin d’une femme enceinte ponctuée d’un autoportrait de très petit format en noir et blanc. La seconde montre une image d’un temple grec dans un format circulaire. La troisième, un écran convexe de télévision où apparait une image spéculaire de course de vélo. Les trois images sont numérotées et annotées à droite :
« Avant on savait lire, écrire, compter, dire merci et demander pardon (biffée d’une croix rouge) »
Puis, en bas à droite :
(1-2-3) fausses couleurs
(2) fausse démocratie
(3) fausse course en couleurs naturelles
(1) vrai baiser de l’Allier
Les gens n’écrivent plus comme avant. Veuillez agréer Monsieur l’assurance de mon profond respect. »

La quatrième sérigraphie met en relation deux images. L’une en bas à gauche, en noir et blanc, où deux personnages semblent s’affronter, de dos et de face. Dans la partie haute, en bleu et en rouge, des détails du drapeau américain et du drapeau chilien semblent se confondre. La légende à droite précise : « Chili, dernière étoile cousue de fil blanc ».

Un autre ensemble de cinq collages des années 1990, dit des « Emprunts russes », complète cette présentation et montre une autre facette plus récente de la manière très dynamique avec laquelle Ramon organise ses images. A partir d’un ensemble d’éléments iconographiques qui se répètent : billets de banque, tickets de jeux, reçus d’emprunts russes, portraits photographiques de Georges Washington et d’Abraham Lincoln, images publicitaires – la faucille et le marteau en mayonnaise sur la tranche de jambon - photographies de provenance diverse, natures mortes, etc. Ramon compose quatre collages sur un principe comparable. Les reçus d’emprunts russes forment un cadre très décoratif, parfois surchargé d’images. Le cinquième collage est organisé de manière différente, dans un esprit plus cinématographique. Le cadrage d’un personnage en noir et blanc donne l’échelle aux différents éléments disposés autour : morceaux de ciel, bouts de laine, lignes colorées, bons points et cartes à jouer.

Notes :
(1) sur wikipedia
(2) Jacques Busse fut professeur de peinture à l’Ecole Nationale d’Art décoratif de Limoges entre 1975 et 1978. Cette biographie a été publiée en 1985 dans le carnet « Muséotrain du F.R.A.C. Limousin, Ramon, peintures de 1965 »
(3) Ramon : « Morceaux choisis » in ENAD Le Mois, bulletin de liaison des écoles nationales d’art décoratif de Limoges et Aubusson, déc. 1997

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