Collection en mouvement, Opticeries, Panazol

Médiathèque de Panazol
1, place Achille Zavatta
87350 Panazol

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Mercredi 16 mai 2018 à 18h : présentation de l'exposition
 

Exposition 5 mai au 30 mai 2018

Renaud Panazol

David Renaud, Amibes, 1990 (détail). Acrylique sur bois, 76,5 x 69,5 x 1,5 cm / Collection FRAC Limousin / ©DR

Œuvres de : Gabriele DI MATTEO, Andreas DOBLER, David MALEK, Hugo PERNET, Hugues REIP, David RENAUD, Véronique RIZZO.
Collections FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine.

L’art optique et cinétique fait l’objet d’un regain d’intérêt ces dernières années. De nombreuses expositions ont permis de reconsidérer ces tendances artistiques apparues dans les années 1960 et 1970, parmi lesquelles « L’œil moteur : art optique et cinétique, 1950-1975 » au Musée d’art moderne et contemporain de Strasbourg en 2005 ou encore « Dynamo, un siècle de lumière et de mouvement dans l’art, 1913-2013 » au Grand Palais en 2013. Si les américains lui préfèrent le terme d’Op Art, contraction d’Optical Art, les européens utilisent les termes d’art cinétique et/ou optique et font le distinguo entre les deux selon qu’il s’agit d’œuvres en mouvement ou d’œuvres lumineuses. Pour cette exposition qui explore les influences récentes de l’art optique chez de plus jeunes artistes, nous avons emprunté à Duchamp le terme d’ « opticeries », sorte de néologisme qui mélange optique et épicerie, qui désigne les différentes expériences optiques tentées par l’auteur du Grand Verre : vision monoculaire / binoculaire, stéréoscopie, anaglyphes, rotoreliefs, etc. (1).

L’histoire de l’art cinétique débute dès les années 1910 avec le mouvement futuriste et dans certaines œuvres de Marcel Duchamp, dont certains artistes actifs dans les années 1950 et 1960 s’inspireront plus ou moins directement. Sa fameuse « Rotative demi-sphère (Optique de précision) » réalisée en 1920 sera l’occasion pour Duchamp de peindre à même des plaques de plexiglas mises en mouvement giratoire sur un axe équipé d’un moteur électrique (2). Après avoir réalisé en 1925 le film « Anemic Cinema » basé sur des illusions d’optique, dont la diffusion restera confidentielle, Duchamp a l’idée de faire imprimer des motifs en spirale sur des disques de carton à utiliser sur des gramophones. L’artiste dépose son invention auprès du tribunal de commerce le 9 mai et présente ses « Rotoreliefs » au public en août 1935, lors du concours Lépine, sans aucun succès commercial. C’est ce moment de la vie de Duchamp mis en image par André Raffray en 1977 puis repris par l’artiste italien Gabriele Di Matteo, d’abord en 1993, puis en 2001, qui sert d’introduction à cette exposition.

Parmi les artistes des années 60 très influencés par Duchamp, on retient la figure du suisse Jean Tinguely (1925-1991) et de ses machines à dessiner. Débutées en 1955 et mises au point en 1959, les « Métamatics » sont présentées avec succès à la Biennale de Paris de la même année. Ces œuvres sont des « méta-mécaniques » formées d’une roue motrice reliée par des courroies à une ou plusieurs roues qui tournent et entraînent un arbre excentré transmettant à une tige un mouvement irrégulier… Par ses machines à dessiner, Tinguely veut prouver qu’une œuvre d’art peut engendrer sa propre vie et produire elle-même de l’art »(3). La lithographie présentée date de 1972-74 et concerne « Chaos », la plus grande sculpture réalisée par l’artiste aux Etats-Unis. Installée au milieu d’un centre commercial à Columbus, Ohio, cette sculpture a été réhabilitée en 2011 après qu’on eut entièrement reconstruit autour d’elle un nouveau centre commercial. Cette lithographie est un autre jalon historique.

Andreas Dobler, artiste suisse né en 1963, a d’abord copié des illustrateurs de science-fiction des années 1970 avant sa formation en architecture à Bâle. Ses peintures décrivent des espaces contradictoires, volontiers psychédéliques, où le vide sidéral est souvent associé au silence. A l’atelier, il écoute des musiques très différentes en lien avec les zones à peindre de ses tableaux.

Véronique Rizzo, née en 1963, est connue pour son travail de peinture murale, d’environnement immersif et de vidéo projection. Comme le souligne l’artiste Lili Reynaud-Dewar, « les œuvres de Véronique Rizzo se situeraient du côté d’une approche romantique de l’abstraction géométrique…contrebalancée et optimisée par un traitement ajusté de la culture populaire contemporaine. Elle utilise les logiciels 3D et de création d’images numériques à la manière d’une palette basique et « inspirante », exploitant précisément leurs effets les plus connus et élémentaires, leurs tropes »(4).

Hugues Reip, né en 1964, pratique une sorte d’équivalent à la musique concrète en travaillant à partir d’images, de sons, d’objets trouvés. Dans « Feedback » (1998), il reprend un principe à l’origine de l’art vidéo en retournant la caméra vers l’écran de
diffusion, dans un effet de saturation et de distorsion comparable au larsen de la musique amplifiée. Comme le précise un critique d’art, « Toon » est une créature en trois dimensions, mais sans reliefs, une accumulation de bandes, de rondelles et d’autres signes graphiques qui composent tant bien que mal une figure attrape-tout, comme une image victime d’un bug ou d’une paralysie de l’écran »(5).

David Renaud, né en 1965, a commencé son travail de peintre au début des années 1990, notamment sur la base du mimétisme et de la cartographie. En mettant au point une technique picturale répétitive, la peinture spaghetti (6), l’artiste a réalisé des peintures, des environnements et des vêtements à la frontière entre l’art optique et l’univers cinématographique de la science-fiction. « Amibes » (1990) est un premier essai de répétition aléatoire d’un répertoire informel sur panneau de bois qui nous invite à une vision microscopique. « The Thing » (1998) reprend, au sol et en grand format, le principe giratoire du rotorelief sur un tondo en bois peint dont les bords sont arasés. A quelques centimètres du sol, la surface hallucinante de la peinture devient, par son mouvement lancinant, légèrement vertigineuse et difficilement saisissable.  

David Malek (né en 1977 à Springfield, Etats-Unis, vit en France) semblait destiné à une carrière scientifique. Et c’est un peu par hasard qu’il a préféré s’adonner à la peinture. S’inspirant de signes visuels divers liés à son environnement et parfois au cinéma (le cinéaste Eric Rohmer, 2001 l’odyssée de l’espace de Kubrick), l’artiste renouvelle le langage de la peinture géométrique avec des moyens simples et adaptés. Souvent basés sur de simples relations figure/fond entre deux couleurs et deux textures (l’une obtenue au pinceau, l’autre au rouleau), ses tableaux sont symétriques, répétitifs et font hésiter le regard entre sensation de relief et profondeur illimitée. La sérigraphie de 2012 présentée, « Infinite Magenta Grid », en est un bon exemple. Le tableau «the Swimmer »  (2014) s’inspire d’un détail observé dans un film du même nom (7). L’artiste résume ainsi le synopsis : « Après avoir réalisé qu’il a vécu une vie d’illusion, le protagoniste retourne à sa maison abandonnée. Il essaie d’entrer, mais la porte est fermée. Une des dernières images du film montre Burt qui frappe désespérément à la porte massive en bois. Ce tableau est une réplique du motif de cette porte .»(8)

Hugo Pernet, né en 1983, est le benjamin de cette exposition. Cherchant de nouvelles voies pour la peinture abstraite, l’artiste a pris très tôt conscience que l’accès aux œuvres passait de plus en plus par leur reproduction, plus seulement dans les livres d’art et les magazines, mais de façon numérique et dématérialisée. Il entreprit de reproduire certains tableaux connus en négatif, noir et blanc ou couleurs. Le diptyque présenté, « Loading » (2008), montre deux moments d’attente devant l’écran d’ordinateur re-matérialisés sous forme de deux tableaux presque identiques, très précisément peints, sans qu’apparaisse la moindre trace d’exécution manuelle. Comme deux tableaux presque monochromes en attente d’images.

(1) Le terme « opticeries » a été relevé par Jean Clair dans les notes de Marcel Duchamp et désigne la machinerie perspectiviste que l’artiste mit en branle dans la partie droite du Grand Verre, lorsqu’il s’interrogeait sur les possibilités de représenter la quatrième dimension.  Clair en fera un chapitre de son étude publiée en 1977 : « Marcel Duchamp et la photographie » où il s’intéresse aux recherches de Duchamp sur la vision monoculaire et binoculaire, les photos stéréoscopiques, les anaglyphes, et aux œuvres telles que « Rotative demi sphère (Optique de précision) »(1925) et aux « Rotoreliefs (Disques optiques) » (1935).
(2) On se souvient du choc esthétique qu’il eut en compagnie de Fernand Léger et de Constantin Brancusi devant une hélice d’avion lors du Salon de l’aéronautique de 1912
(3) Nadine Pouillon, in « Jean Tinguely : Méta-matic n°1 », Centre Pompidou en ligne.
(4) Lili Reynaud-Dewar in Monographie Véronique Rizzo, édition 02, Paris 2006
(5) Patrick Javault : « Hugues Reip », in catalogue « Fonds Régional d’Art Contemporain Limousin 1996-2016, troisième époque », p. 162
(6) La peinture spaghetti est réalisée par l’artiste de manière très précise, avec des pinceaux très fins, à partir de formes aléatoires agrandies peu à peu par des contours concentriques.
(7) « The Swimmer » (1968) est un film de Franck Perry resté longtemps confidentiel. Le héros, interprété par Burt Lancaster, décide de plonger dans les piscines et de parcourir les propriétés privées de ses voisins dans une vallée américaine du Connecticut. L’image qui a servi de motif pour le tableau est celle d’une porte.
(8) Communiqué de presse écrit par l’artiste pour l’exposition « Analogs », galerie Triple V, 2014.

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