A l'aide des étoiles et du soleil

Flora Basthier, Gaëtan Kohler, Chloé Masson, Jean-Julien Ney, Ewa Sadowska, avec Aurélie Godard.

Exposition du 9 juin au 17 septembre 2017
Vernissage jeudi 8 juin 2017 à 18h


  • Aurélie Godard, A l'aide des étoiles et du soleil, 2017

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Cet été 2017, nous présentons une exposition qui montre les recherches de cinq jeunes artistes venus d’horizons différents - Flora Basthier, Gaëtan Kohler, Jean-Julien Ney, Chloé Masson et Ewa Sadowska - qui ont travaillé pendant une année, en Chine, à Limoges et ailleurs, dans le cadre du post-diplôme « Kaolin » de l’ENSA conduit par Aurélie Godard en 2015-2016.
L’exposition présente des œuvres de nature différente, montrées isolément pour certaines, parfois en dialogue, voire regroupées (ou réalisées) collectivement pour d’autres, en ce qu’elles essaient de synthétiser les préoccupations du groupe à un moment donné.
Dès l’entrée, on trouve ainsi une œuvre collective en forme d’étagère où sont présentés de menus objets trouvés ou fabriqués par les uns et les autres lors de leur séjour en Chine. Une sorte d’autel où sont disposés des éléments qui peuvent tenir dans la main, comme des grigris ou des talismans, ce que les anglo-saxons nomment des « touch-pieces ».
En vis-à-vis, la salle d’actualité présente un large éventail de photos de voyage, de vues générales de situations et de détails d’objets, prises par les artistes lors de leurs différentes pérégrinations en Chine. En regard de ce carnet de voyage, trois dessins originaux d’Aurélie Godard sont montrés. Basés sur certaines de ces photographies « simplifiées » par le dessin, ils mettent également en valeur, par la typographie, la formule métaphorique choisie par l’artiste pour titrer les trois expositions1.
Les premières travées sont organisées autour de projections vidéos (et donc d’ambiances lumineuses particulières) et de sculptures qui explorent des questions d’échelle, de matérialité, de fonctionnalité et de vision.
Parce que la vidéo est récurrente dans leurs recherches respectives, une projection de Flora Basthier, Dissolution urbaine envahit l’espace assombri de la première salle, et une compilation de courtes vidéos d’Ewa Sadowska, la troisième. Dans chacun de ces espaces, une sculpture-banc de Chloé Masson, permet au spectateur un certain confort de visionnage. Pour Basthier, la vidéo documente un moment de travail, en l’occurrence le transport d’un vase en terre crue jusqu’à son lieu de cuisson. Pour Sadowska, il s’agit de mettre en forme des saynètes plus ou moins scénarisées où elle explore les frontières entre réel et fiction avec un humour souvent ravageur.
En regard de la vidéo de Basthier, une œuvre à quatre mains (Jean-Julien Ney/Aurélie Godard) agrège des préoccupations liées à la construction spatiale, à la sculpture en mouvement et à la vision. Cette œuvre est une « machine à entrevoir », puisqu’au-delà de la vision globale, le regard peut pénétrer à l’intérieur par trois ouvertures en plexiglass rouge et découvrir des éléments en mouvement.
Le parcours se poursuit avec une œuvre en terre crue créée sur place. Elle montre les traces et les gestes des six protagonistes en même temps qu’elle sèche au fur et à mesure de l’exposition, comme si l’expérience collective était inexorablement destinée à disparaitre.
En vis-à-vis, un ensemble de sculptures de Chloé Masson propose une réflexion sur l’échelle et la mémoire des formes.
Face aux films de Sadowska, la sculpture « fonctionnelle » de Gaëtan Kohler, Autofocus, est un étrange appareil de vision qui limite notre regard et le focalise sur l’horizon.
La grande salle suivante regroupe des œuvres où il est question d’outillage et de construction, autant de préoccupations partagées par plusieurs artistes.
Les instruments de mesure de Flora Basthier, moulés dans différents types de terre, suggèrent, en plus des variantes de couleur et de texture, des réflexions sur la réduction des matières à la cuisson, de subtiles variations d’échelles. Ainsi, les photographies de sculptures de Chloé Masson deviennent des forets sous un certain angle. Les sculptures modulaires de Flora Basthier évoquent un chantier de construction.
La petite salle blanche présente un ensemble d’œuvres qui partagent des potentialités sonores. Comme dans un salon de musique, les objets et sculptures montrés pourraient résonner s’ils étaient manipulés (avec précaution, cela va sans dire). En contrepoint, l’Ovni de Flora Basthier est un véritable émetteur sonore dont la source est contenue dans la sculpture elle-même.
Dans la salle suivante, une photographie de grand format montre la vue d’une exposition collective de très courte durée qui eut lieu en novembre 2015 dans un bazar de Shangaï. On aperçoit, au centre de l’espace, une sculpture construite (improvisée) à partir de mobilier de type table, étagère et chaise, qui présente différents objets. Tout autour, les murs sont recouverts de tirages papier d’un journal de bord photographique. C’est la même option qui a été retenue pour la première salle de l’exposition.
En face, une sculpture-maquette d’Aurélie Godard repart, en la simplifiant, d’une photographie d’un abribus. Transplantée et re-matérialisée, elle gagne une nouvelle fonction d’exposition, celle d’abriter quelques sculptures de petites dimensions.
Dans la dernière salle, avec les œuvres de Gaëtan Kohler, il est surtout question d’opacité et de transparence de la matière : la lumière traverse une plaque de lithophanie ; des vasques nervurées suspendues s’organisent en paraboles et modifient la perception sonore ; au sol, des sculptures-toupies suggèrent le mouvement giratoire.
Toutes ces œuvres ponctuent les espaces et reflètent les préoccupations individuelles et collectives des six artistes. Entre impressions de voyage, attention soutenue aux objets et situations rencontrés, expérimentations sur les propriétés des matériaux (brillance, capacité de réflection, sonorité, réduction à la cuisson…) et mises en espace évocatrices, l’exposition propose un voyage plein de surprises et de questions. Celles de la mobilité, du déplacement, du voyage sont logiquement partagées par tous ces jeunes artistes. Celles des frontières entre art et design, entre forme et fonction, paraissent également préoccuper la plupart d’entre eux.

Yannick Miloux, mai 2017.

1 - « Vol en formation : technique de déplacement en V des oiseaux migrateurs visant pour chaque individu à profiter des tourbillons ascendants créés par l’animal précédent et à se diriger collectivement à l’aide des étoiles et du soleil. »

 

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