2015 - Iconographie, l'œuvre comme collection d'images

Exposition du 20 novembre 2015 au 5 mars 2016

Vernissages
vendredi 20 novembre à 18h au à la galerie des « Coopérateurs » - impasse des Charentes à Limoges
samedi 21 novembre 2015 à 16h au Centre des livres d’artistes - 1 place Attane à Saint-Yrieix-la-Perche

  • Dorothée Selz, Spoutnik, 1999 de la série : Science-Fiction, (1997-1999) Collage, papier imprimé, ciment, peinture acrylique sur bois,
    46 x 38 cm / Collection FRAC Limousin / © Adagp, Paris
  • Ernest T., Å’uvre graphique (complète), 2003 Coffret contenant 15 livrets titrés de dessins dans une boîte en plexiglas.
    Collection FRAC Limousin / © Ernest T.
  • Alun Williams, Six Fornarinas, 2010 Huile et acrylique sur toile, 130,3 x 161,4 cm
    Collection FRAC Limousin / © Alun Williams
  • Joan Rabascall, Love story TV, 1996 Photographie couleur, 20 x 30 cm
    Collection FRAC Limousin / © Adagp, Paris

Cliquer sur les images pour les agrandir


L’exposition de l’automne-hiver 2015-2016 est une collaboration entre le FRAC-Artothèque du Limousin et le Centre des livres d’artistes (cdla) autour du thème de l’œuvre comme collection d’images.

Œuvres des collections du Centre des livres d’artistes, du FRAC et de l’Artothèque du Limousin.
Jean-Daniel Berclaz, Christian Boltanski, Philippe Clerc, Claude Closky, Gabriele Di Matteo, documentation céline duval, Ernest T., Hans-Peter Feldmann, herman de vries,Ewerdt Hilgemann, Hippolyte Hentgen, Bernard Lassus, Sol LeWitt, Richard Long, Lilly Lulay, Gilles Mahé, Christian Marclay, Roberto Martinez, Annette Messager, Jonathan Monk, Maurizio Nannucci, Deimantas Narkevicius, Dennis Oppenheim, Pierre Paulin, Gilles Picouet, Joan Rabascall, Ramon, Pierre-Lin Renié, Jean-Jacques Rullier, Matthieu Saladin, Nicolas Simarik, Eric Tabuchi, Taroop & Glabel, Dorothée Selz, Marijke Van Warmerdam, Robin Waart, Eric Watier, Alun Williams, Luuk Wilmering.

 
Cette exposition explore le très vaste thème de l’iconographie en privilégiant, aux Coopérateurs, l’œuvre comme collection d’images trouvées. Cette préoccupation n’est pas nouvelle dans l’art, mais elle a pris un souffle très important au XXème siècle.

Le développement de 1925 à 1929 de l’Atlas Mnémosyne par l’historien d’art Aby Warburg est considéré comme une nouvelle méthode de recherche et d’analyse en histoire de l’art à partir du montage d’images sans aucun commentaire.(1) Lorsqu’il passe à l’Ouest en 1961, Gerhard Richter débute l’Atlas, une collection d’images photographiques d’abord familiales, puis publicitaires ou d’actualité, qui seront les sources de ses peintures hyperréalistes. Rappelons que le couple de photographes allemands Bernd & Hilla Becher commence sa collection photographique de typologies d’architectures industrielles à partir de 1958, et que le travail de Christian Boltanski, notamment basé sur l’archéologie de sa mémoire d’enfant, puis des albums de photos de famille, de classe, débute à la fin des années soixante.

En confrontant des collections d’images choisies et présentées par des artistes d’une même génération, l’exposition suggère différentes hypothèses d’interprétation en lien avec les techniques employées.
Ainsi, la présence de plusieurs œuvres de Joan Rabascall (né en 1935) précise son acuité dans l’analyse des mass-média et l’envergure de sa recherche sur le statut de l’œuvre d’art. Une sérigraphie de Ramon (né en 1931) témoigne de son goût pour le cinéma d’avant-garde russe.
Une vaste salle est consacrée à Hans-Peter Feldmann (né en 1941). Depuis les années soixante, l’artiste s’attache à la collection d’images de toute nature pour « essayer de classer les rêves en catégories ». La présence d’Ernest T. (né pendant la seconde guerre mondiale) et de ses alter-ego Taroop & Glabel montre également que l’observation du milieu de l’art peut être une source d’inspiration. Le dialogue entre Feldmann et Ernest T. s’intensifie dans l’exposition. Il a débuté en 2001 par le catalogue d’exposition « Jean-Pierre Magazine » et trouve ici, dans les liens entre les œuvres, de singuliers rebondissements.
La collection complète des magazines « Gratuits » édités par Gilles Mahé (1943-1999) entre 1979 et 1994 est intégralement présentée. En plus de poser de façon explicite la question de la diffusion, elle montre également la prédilection qu’avait l’artiste pour les réalisations collectives, son sens de la négociation et du dialogue.
Une très belle série de dessins aux crayons de couleurs, « Le bonheur illustré », réalisée par Annette Messager (née en 1943) côtoie plusieurs œuvres de Dorothée Selz (née en 1946) qui s’appuient sur des images préexistantes « augmentées » par des rehauts de matière colorée.

La génération suivante, née à la fin des années 1950, a parfois été influencée par les pratiques de ces artistes. Ainsi, on sait que Jean-Jacques Rullier (né en 1962) a suivi l’enseignement de Boltanski qui lui a transmis son goût pour les livres. Le parcours de Claude Closky (né en 1963) est également très prolifique et semble pousser la question de l’œuvre (et son contraire, le désœuvrement) jusqu’aux limites de l’absurde.

La présence d’une troisième génération est esquissée dans l’exposition par la présence d’œuvres de documentation céline duval et d’Hippolyte Hentgen. La jeune normande (née en 1977) a choisi un nom d’artiste qui la positionne dans un domaine précis, celui de la documentation (et donc de l’iconographie). Les deux petits dessins aux crayons de couleurs faits à quatre mains par le duo Hippolyte Hentgen (nées en 1977 et 1980) aborde le thème de la collection d’images sous l’angle de l’intérieur bourgeois du collectionneur qui, aux yeux des deux jeunes artistes délurées, a l’air d’un monstre extra-terrestre tout à fait improbable.

Cette exposition sur le thème de l’œuvre comme collection d’images présente trois générations successives d’artistes européens, et permet de mettre en perspective les moyens utilisés par les artistes pour donner forme à leurs œuvres avec les techniques de reproduction et de diffusion des images.

Yannick Miloux, oct. 2015

(1)Plus de soixante panneaux d’une centaine d’images ont été assemblés par Warburg jusqu’à sa mort. Il voulait construire un modèle mnémonique dans lequel la pensée humaniste occidentale européenne reconnaitrait ses origines et tracerait ses continuités latentes au présent. Warburg a argumenté sur son intention de construire une mémoire historique collective qui mettrait l’accent sur la frontière inextricable entre la mémoire et le traumatique. In Benjamin H.D. Buchloch: “Gerhard Richter’s Atlas: The Anomic Archive” 1993, réimprimé dans « The Archive White Chapel Gallery”, 2006, p. 87.


Nous sommes à une époque où les «iconographes» sont innombrables, et leurs œuvres imprimées tout autant. Les outils numériques de production et de diffusion d’images (simplicité apparente et immédiateté d’utilisation) influent sur l’actuelle profusion de livres et autres brochures emplis d’images. L’exposition est l’occasion de s’arrêter sur quelques exemples marquants de collections d’images. L’accumulation, qu’elle soit collection, série, suite ou séquence, est le dénominateur commun des œuvres présentées au cdla.

Collections
Les livres d’Eric Tabuchi sont des inventaires dans lesquels il recense principalement des architectures; dans « Concept Stores » (2009) des devantures de magasins dont l’enseigne contient le mot «concept»; dans FAT – A French American Trip (2011) des cafés évoquant les Etats-Unis.

Collages
Le collage est toujours un déplacement par couper/coller et imbrication d’images de provenances différentes. Trois Mindscapes de Lilly Lulay ouvrent l’exposition. Des photographies achetées dans des brocantes, découpées et assemblées, fabriquent de nouvelles images de petit format, proches des photographies «originales». C’est aussi le cas dans A personal Geographic de Luuk Wilmerink, détournement du magazine populaire National Geographic. Le collage peut être une superposition d’images comme dans Chicago de Sol LeWitt. La trouvaille de Philippe Clerc a été d’associer la singulière utilisation qu’il fait de la photocopie à un support privilégié : le papier calque. Les images surgissent d’images surimprimées, particulièrement dans la série des «Vues de train».

Double page (et non double feuille)
Le livre ouvert, la double page apparaît comme un lieu de «friction» entre deux images. Le livre de Gilles Picouet Places (1998) est fait d’images imprimées pleine page recto/verso, photographies en noir et blanc d’installations hétéroclites d’objets posés sur la chaussée. Pour Beautiful Faces (2001), Claude Closky utilise des pages de publicité extraites de magazines dans lesquelles l’élément visuel principal est la moitié d’un visage. Closky greffe un double symétrique en les imprimant en miroir sur la page opposée.

Séquences - Partitions - Séries - Suites
La vidéo de Christian Marclay Telephones (1995), est un collage de séquences de cinéma en noir et blanc où des personnages décrochent un récepteur de téléphone. Cette partition visuelle est accompagnée d’une partition «musicale» qui fait alterner sonnerie et «Allô». Deux publications de Robin Waart lui font écho : Thinking in pictures (2010) et Would you... (2012) sont des compilations de photogrammes de films sous-titrés. Cet ensemble est complété par une publication de Christian Marclay shuffle – 75 playing cards (2007). Dans un texte imprimé sur l’étui, l’artiste explique : «Ce paquet de cartes peut être utilisé comme une partition musicale. Battez les cartes et piochez les vôtres. [...] Inventez vos propres règles. Les sons peuvent être produits ou simplement imaginés ».

Séries - Suites. Le protocole à l’œuvre
Depuis 1973, plusieurs publications de herman de vries, constituées de photographies, ont été réalisées à partir de tables de calcul aléatoire. Dans le journal Le Poste Nomade n°3 (2005), Jean-Daniel Berclaz donne à voir le «film objectif» de trois parcours effectués à pied dans la forêt meusienne. Les images ont été prises «au hasard» toutes les trois minutes avec un appareil photo automatisé.

La diffusion comme élément de l’œuvre
Le projet Paysage (détails) d'Eric Watier est une suite de volumes réalisés quotidiennement à un exemplaire à partir du 1er janvier 2002 et diffusés arbitrairement par la poste. Chaque «volume» est un livre réduit à quatre pages dans lequel pages de couverture et pages intérieures sont confondues. L’artiste parle de «tassement». Entre 2002 et 2007, Les éditions provisoires (Matthieu Saladin et Marie Boivent) diffusent par poste et anonymement les huit numéros d’une publication titrée échafaudage. Chaque numéro contient quelques images de petit format, photographies de bâtiments célèbres cernés et masqués par des échafaudages, prises lors de voyages ou trouvées sur le web.
La dernière partie de l’exposition regroupe œuvres et publications de Claude Closky, Nicolas Simarik, Pierre Paulin, Hans-Peter Feldmann et Gabriele di Matteo autour de l’idée de la presse magazine comme source et matériau privilégié de réalisation de l’œuvre.

Didier Mathieu, oct. 2015

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